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September 18 message pastoral« Confiance, lève toi, il t’appelle. »[1]
Comme l’année précédente, je souhaitais vous adresser un message pastoral et spirituel pour marquer cette nouvelle année qui commence. Le thème pour la semaine de prière pour les vocations de Mai 2009 me paraît très intéressant pour nous cette année. L’année dernière, mon message était principalement consacré aux nouvelles orientations diocésaines et aux récentes orientations nationales pour la catéchèse. Toutes deux nous invitent à être missionnaires, quelque soit notre état et où que nous soyons : oser dire notre foi et prendre conscience communautairement que nous avons à être aînés dans la foi de celles et ceux qui cherchent à connaitre le Christ ou qui demandent un service à l’Eglise, tel que le mariage ou le baptême… Je vous propose donc, cette année, de méditer, dans l’évangile de saint Marc, la rencontre de Jésus avec Bartimée, ce mendiant transformé par l’appel du Christ relayé par les disciples : « confiance, lève toi, il t’appelle. » Je vous invite avant de poursuivre à lire le texte lui-même. (Marc 10, 46-52)
Nous sommes à la sortie de la ville de Jéricho, sur la route qui mène à Jérusalem. Autrement dit, Jésus marche vers la Cité pour y vivre sa Passion et sa Pâque. C’est une étape décisive pour Jésus. Il est décidé à aimer et à se donner jusqu’au bout. C’est le bord de cette route que cet aveugle se trouve. Bartimée rencontre le Christ sur la route de l’amour et du don. Pour commencer, situons bien Bartimée. Aveugle, il est plongé dans les ténèbres et se tient assis, dans une position statique et passive. Posté au bord du chemin, il est aussi en marge de la société et de la communauté des disciples ; nous pouvons le dire ! Mendiant, esclave des ténèbres, passivité, marginalité sociale, tout cela nous conduit à dire, c’est tout à fait biblique, que cet homme Bartimée est comme mort. Mais figé dans la solitude, sa cécité ne le met pas moins en recherche. C’est une aspiration à la vie qui l’habite et subsiste en lui une espérance profonde. Avec une spontanéïté étonnante, il appelle le maître qui passe. Son cri est, en effet, signe d’une certaine conviction, pour ne pas dire d’une certaine foi… Il apostrophe Jésus en le désignant « Fils de David ». C’est, en fait, le titre populaire du Messie. C’est ainsi que les évènements vont changer, Jésus est attentif au cri de cet homme et Bartimée découvre que Jésus l’appelle. Le Christ, en effet, l’entend, s’arrête et ordonne qu’on le fasse venir, alors qu’on cherche à le faire taire. Etonnant qu’il l’entende ! Il y a la foule, le bruit et malgré cela Jésus l’entend, il fait attention à lui. Ainsi, il se révèle que Jésus prend soin de chacun et qu’il ne passe pas près de nous sans être sensible à notre détresse et à ce que nous sommes. Pour Dieu, chacun est unique et aimé de façon particulière. C’est déjà à cela que Bartimée est appelé : à être aimé par Dieu, à se laisser aimer et sans doute à témoigner de cet amour de Dieu, de cet amour qu’il reçoit. Notons à ce niveau de notre réflexion que cet appel passe par les autres pour commencer. C’est un appel médiatisé, relayé par les disciples et la foule qui entourent Jésus. Les disciples, la foule, c’est-à-dire l’assemblée de celles et ceux qui ont entendu leur appel du Christ et qui ont commencé à y répondre en se mettant tout simplement à sa suite. C’est pourquoi, nous pouvons dire que là se fonde, en partie, la mission de l’Eglise, et ainsi, de notre paroisse, auprès du reste de notre humanité. Celle-ci se résume en ces quelques mots : « Confiance, lève toi : il t’appelle ! APPELER A LA CONFIANCE, c’est transmettre l’appel du Seigneur. A ce sujet, notons « l’exemplarité » de la réponse de Bartimée. Lorsqu’il a entendu l’appel de Jésus, il jette son manteau et l’abandonne derrière lui. Il abandonne, en fait, le vieil homme. Il abandonne tout : sa richesse dérisoire, sa sécurité relative. Sa confiance est tellement absolue qu’il rassemble ses forces pour bondir et mise alors toute sa vie sur Jésus. N’est-ce pas ainsi que nous pourrions réagir face à l’appel du Christ : avec pleine confiance.
Jésus entre alors en relation avec cet homme : « que veux-tu que je fasse pour toi ? » Le christ entend nouer une relation avec Bartimée et suscite l’expression de son désir et de sa foi. Ne serait-ce pas ainsi pour chacun de nous. C’est la condition pour faire l’expérience du Christ qui relève, qui remet en route : « Aussitôt l’homme se mit à voir et il suivait Jésus sur la route. ». Jésus est en train de monter à Jérusalem, où il va livrer sa vie par amour. Répondre à l’appel et suivre Jésus, c’est donc s’engager à marcher à la suite du Christ pour entrer avec dans sa Pâque.
L’aventure de Bartimée, c’est aussi la nôtre. Son histoire ! C’est un cheminement de la foi. Ainsi cette méditation sur la rencontre de Jésus avec Bartimée doit nous conduire à deux choses. D’une part, elle nous invite à relire notre histoire personnelle comme réponse à un appel du Christ, pourquoi pas transmis par l’Eglise ?(!…) néanmoins, Cet appel et notre réponse sont une histoire de tous les jours. D’autre part, elle nous responsabilise pour relayer inlassablement la Parole du Seigneur : « confiance, lève toi, il t’appelle » Nous devons commencer par faire mémoire de notre propre itinéraire, de la manière dont le Christ nous a appelé et pourquoi nous sommes décidés à le suivre, à le connaître, à croire en lui et à le servir. Ensuite, il nous faut entendre ce que le Seigneur attend de nous. Cela requiert que nous soyons attentifs à ceux qui nous entourent et qui demeurent au bord du chemin : mendiant de sens, d’espérance et de confiance. Le Christ les connaît et les aime comme il nous aime. Dans cette logique, Jésus « interdit » que notre comportement réprime les cris lancés vers Dieu et étouffe la foi naissante. A l’inverse, il nous charge, et c’est notre mission de baptisé, de disciple, d’aller vers les autres pour relayer son appel et sa foi en l’homme. Cela suppose que nous sachions nous effacer discrètement pour permettre à chacun des appelés d’entrer en relation avec le Christ et accueillir dans le groupe des disciples, que nous sommes, tous ceux que le Seigneur appelle à sa suite. Toute communauté chrétienne ne doit pas être un groupe fermé mais une communauté en mouvement, toujours disponible à l’intégration de membres nouveaux.
Nous sentons bien que ce thème pastoral que nous allons développer cette année 2009-2010, « confiance, lève toi, il t’appelle », se situe bien la continuïté de l’année dernière : une communauté missionnaire, ouverte et accueillante. Néanmoins, nous aurons du nouveau à vivre dans nos paroisses et nos églises. Depuis la fête du Sacré Cœur de Jésus, nous sommes entrés dans l’année sacerdotale. A l’occasion du 150ème anniversaire de la mort de Jean-Marie VIANNEY, curé d’Ars, le pape Benoit XVI a mis en place pour 2009-2010 une année sacerdotale. Celle-ci a pour but de ressaisir de l’intérieur ce qu’est le ministère presbytéral. Comme le disent les évêques de France : « Les prêtres sont aujourd’hui au nœud de nombreuses questions humaines, spirituelles, pastorales. Nous devons absolument faire vivre un presbyterium*, souligner l’importance du ministère du prêtre, sa signification apostolique essentielle », (Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons et président de la Commission de l’épiscopat pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale). Il nous est donné l’occasion de comprendre la vie du prêtre, sa place et son rôle, sans pour autant que cela tourne autour de lui seul, mais de chacun. En effet, le ministère de prêtre ne se vit qu’en lien avec d’autres prêtres et avec des baptisés. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas réfléchir au ministère de prêtre sans réfléchir aussi à la place de chaque baptisé et au rôle des personnes laïques dans un mouvement, comme dans une paroisse. Nous n’avons cessé de dire et redire que nous construisions ensemble notre communauté, que chacun à y prendre sa place et que notre communauté doit être OUVERTE et ACCUEILLANTE. Au risque d’être un peu fort, je dois dire que c’est une question de « survie » de l’Eglise, c’est la condition pour que la Bonne Nouvelle de l’Evangile soit transmise ! Et nous savons, tous, que nous avons encore des progrès à faire pour que chacun ait sa place et soit respecté pour ce qu’il est… Voici donc un premier souhait : que cette année sacerdotale soit l’occasion pour chacun de nous de bâtir une fraternité palpable dans notre communauté, en vivant une véritable collaboration entre tous. Le thème pastoral de l’année : Confiance, lève toi, il t’appelle s’intègre bien à l’année sacerdotale. Le visuel sera une grande affiche (un kakémono) à placer dans le chœur de l’église. Il y restera toute l’année (jusqu’en juin 2010). Sur cette affiche, nous pouvons remarquer que toutes les vocations et les différents états de vie dans l’Eglise sont représentés. L’Eglise est, en effet, un corps dont chaque membre a sa place et notre communauté paroissiale est une partie de ce corps, mais elle est aussi une image de ce corps aux multiples visages… De plus, elle montre bien la complémentarité entre toutes les fonctions que nous trouvons dans l’Eglise et une réelle complémentarité entre les membres. Ainsi, chacun est « utile » à l’Eglise. Cela suppose donc que nous nous accueillions les uns les autres comme des frères que Dieu nous donne pour faire route ensemble.
Pour conclure, nous sentons bien que le thème de cette année invite et pousse à nous mettre au service même de l’Eglise et du Christ, en accueillant pleinement les orientations missionnaires de notre diocèse et les nouvelles orientations nationales pour la catéchèse, que le message de l’an dernier explicitait. Avec l’E.A.P, nous ne renonçons pas à la mise en place de ces nouvelles orientations afin de permettre à notre communauté et à chacun de ses membres de trouver pleinement sa place et de vivre la grâce de son baptême en devenant encore davantage missionnaire, heureux d’être chrétien et heureux de le dire. A tous, je souhaite une bonne année. Que le saint curé d’Ars nous accompagne tout au long de ces mois à venir et qu’il nous communique la passion qui l’habitait au service de la foi, de l’évangile, du pardon et de l’Eucharistie. Comme aimait dire sœur Emmanuelle « Yalla ! »
Père Mickaël DUPONT
« L’Eglise sera toujours[…] L’Eglise du Christ Mais ce qu’elle est en elle-même Il faut qu’elle le soit aussi dans ses membres. […] Il faut que par nous, Jésus-Christ continue d’être annoncé, Qu’à travers nous Il continue de transparaître. »
Henri de Lubac September 03 L’amour prime sur la loi« Dieu sonde les reins et les cœurs. » Reins : vigueur physique – puissance, procréation. La source des passions. Pensées sécrètes Sentiments
Dans la Bible : (deux axes dont il est question des reins).
Appel à l’action de Dieu pour l’homme. Rappel de la puissance de Dieu.
Cœur : Dedans de l’homme (au sens large) Sentiments- souvenirs et idées. Les projets et les décisions.
« Dieu à donner un cœur à l’homme pour penser » (Siracide)
Centre de l’être : Là où l’homme dialogue avec lui-même. Assume ses responsabilités S’ouvrir ou se ferme à Dieu
C’est avec le verset alléluiatique : « Dieu ne regarde pas l’apparence, comme font les hommes : il sonde les reins et les cœurs », qu’il faut entendre ce texte de la liturgie, notamment ces deux mots, dont je viens de donner le sens. Ces textes nous mettent au cœur même de la tension qu’il y a dans la foi juive, entre le respect des rites, - notons, sans faire d’anthropologie au rabais, que les rites font partis de la vie de l’homme. Toute société, tout corps social, tout homme et toute personne ont des rites. Ça fait parti de notre humanité. L’homme en a besoin quoiqu’on dise. – et ce fait que Dieu nous a donné un cœur pour penser…
Finalement ce que Jésus nous dit, et saint Jacques à sa manière, c’est l’utilité de ces rites. Mais, ils ne doivent pas empêcher l’homme d’être intelligent. Voyez ce que nous dit la première lecture : « ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. » Ces prescriptions ne sont pas faîtes pour brimer l’homme, mais pour l’éveiller et l’élever vers l’homme et vers Dieu. Or, dans l’évangile, leur cœur est privé de cette intelligence. « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Au contraire ces prescriptions rituelles sont données par Dieu pour permettre la proximité avec Lui.
Ainsi, ce qui soucis le Christ, c’est la relation de l’homme, de l’humanité et de tout être au à Dieu et entre les Hommes. C’est cela qui est premier. Le psaume nous le dit bien :
« Seigneur qui séjournera sous ta tente ? » – la tente étant le lieu de la présence de Dieu, de la rencontre avec Lui - « Celui qui se conduit parfaitement, qui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur. – le cœur étant le lieu de l’amour où l’homme dialogue avec lui-même, assume ses responsabilités et s’ouvre à Dieu - « Cet homme ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain. […] n’accepte rien qui nuise à l’innocent. »
Aussi, comme tente de nous le dire saint Jacques, ce que nous avons à vivre doit être vécu dans cette relation d’intelligence avec Dieu, avec le Christ –« il a voulu donner la vie par sa Parole de vérité.- Ce don est passé par le don même de sa propre vie par amour pour nous. C’est cela qui doit nous habiter, habiter nos règles, nos principes et nos habitudes : L’AMOUR.
Voilà qui peut nous aider à relire notre vie, peut être à vivre une démarche pénitentielle, pourquoi pas ? Qu’est-ce qui est premier pour moi ? Ma propre personne, mon rythme de vie, mes habitudes à ne pas changer ? Dieu, qui me dit d’aimer, même si je dois donner de moi-même, même si je dois prendre sur moi, en acceptant que l’autre me dérange… Cette relecture, nous pouvons la vivre pour notre vie personnelle, comme pour toutes nos activités et notre vie paroissiale.
Amen |
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